Le dépistage du VIH : la politique française

En France, le dépistage du VIH est une démarche volontaire à laquelle la personne doit consentir. Le test n’est obligatoire que dans quelques cas bien précis : dons de sang, d’organes, de sperme, d’ovocytes et de lait. Il est alors réalisé dans l’objectif de protéger le receveur d’une possible transmission. Le dépistage est aussi systématiquement proposé, mais non imposé, aux femmes enceintes dans le cadre de la prévention de la transmission mère-enfant.
La politique française actuelle de dépistage du VIH a été précisée dans le Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014 (pdf, 836Ko), publié en novembre 2010. Ce Plan se fonde sur plusieurs rapports d’instances spécialisées et sur l’avis d’experts et d’associations.

Le dépistage : une démarche fondamentale

Le dépistage de l’infection à VIH a deux objectifs principaux.
Au niveau individuel, se faire dépister permet :
— Dans tous les cas, de bénéficier d’un conseil de prévention personnalisé ;
— En cas de découverte d’une séropositivité, d’accéder à la prise en charge et au traitement antirétroviral (ARV). Des études ont démontré qu’un accès précoce aux soins et aux ARV, d’une part, diminue les conséquences sur la santé de l’infection à VIH et le nombre des hospitalisations, d’autre part, augmente l’espérance de vie.

Au niveau collectif, le dépistage limite la propagation de l’épidémie par la responsabilisation des personnes vivant avec le VIH (PvVIH) et par l’action des ARV sur la transmission du VIH. Le taux de transmission du VIH est en effet corrélé à la charge virale VIH, c’est-à-dire au nombre de virus circulant. Plus la charge virale est basse, plus le taux de transmission diminue. Or un traitement antirétroviral efficace rend la charge virale indétectable aux examens les plus sensibles ; il abaisse de ce fait le risque de transmission du VIH de façon drastique.

Lors de la primo-infection , première phase de l’infection à VIH dans les jours qui suivent la prise de risque et la contamination, la charge virale est très élevée et le risque de transmission à un partenaire maximal. Un dépistage pratiqué très précocément après la situation à risque est donc particulièrement important.



> Bénéfices associés au dépistage de l’infection par le VIH : revue de la littérature
In : Dépistage de l’infection par le VIH en France : stratégies et dispositif de dépistage / HAS (Haute autorité de santé), France. - Octobre 2009. - Pp. 40-68.




Le dépistage : des techniques et des lois qui évoluent

En octobre 2008, la HAS (Haute autorité de santé) effectue un rapport d’évaluation des tests de dépistage du VIH, y compris des Trod (Test rapide à orientation diagnostique). Elle émet des recommandations qui aboutissent à la publication en mai 2010 d’un arrêté qui modifie les conditions du dépistage biologique du VIH en France.

Les laboratoires utilisent désormais un test combiné de 4e génération. Ces tests, de type Elisa, permettent la détection combinée des anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2 ainsi que de l’antigène p24 du VIH-1. Ils détectent le VIH dès le 15e jour après la prise de risque. En cas de résultat négatif, un deuxième test, pratiqué 6 semaines après la situation à risque, permet de certifier la non-contamination. En cas de résultat positif, un test de confirmation, immunoblot ou western blot, est pratiqué.

Les Trod sont d’abord autorisés dans les services d’urgence et dans le cadre de recherche-action avec l’objectif de déterminer leur pertinence et leurs modalités d’utilisation. Un deuxième arrêté, publié en novembre 2010, fixe leurs conditions d’utilisation hors service d’urgence ainsi que les critères auxquels doivent répondre les structures associatives qui le proposent et leurs membres.

> Dépistage de l’infection par le VIH en France : modalités de réalisation des tests de dépistage, conclusion (pdf, 97Ko) / HAS (Haute autorité de santé, France. - Octobre 2008. - 17 p.


> Arrêté du 28 mai 2010 fixant les conditions de réalisation du diagnostic biologique de l’infection à virus de l’immunodéficience humaine (VIH 1 et 2) et les conditions de réalisations du test rapide d’orientation diagnostique dans les situations d’urgence (pdf, 96Ko) / Ministère de la santé et des sports, France
In : Journal officiel de la République française, lois et décrets, n° 0131, 9 juin 2010. - 3 p.

> Arrêté du 9 novembre 2010 fixant les conditions de réalisation des tests rapides d’orientation diagnostique de l’infection à virus de l’immunodéficience humaine (VIH 1 et 2) (pdf, 218Ko) / Ministère du travail, de l’emploi et de la santé, France
In : Journal officiel de la République française, lois et décrets, n° 0266, 17 novembre 2010. - 8 p.

Le dépistage : un axe du Plan national

Le Plan national de lutte contre le VIH/sida comprend cinq axes stratégiques. L’un d’entre eux est consacré au dépistage car celui-ci est "au cœur du dispositif de la prise en charge et de la prévention du VIH".

Contexte
L’activité de dépistage du VIH est élevée en France avec près de 5 millions de tests réalisés par an, soit environ 80 pour 1000 habitants. Pourtant, la moitié des personnes découvrant leur séropositivité le font à un stade trop tardif (taux de lymphocytes T CD4+ inférieur à 350/mm3, seuil recommandé jusqu’en 2010 pour la mise sous traitement) et plus d’un quart d’entre elles à un stade de déficit immunitaire avancé (taux de lymphocytes T CD4+ inférieur à 200/mm3).
En 2010, on estime à 50 000 le nombre des personnes infectées ignorant leur séropositivité.

Le retard au diagnostic concerne deux types de personnes :
— Des personnes appartenant à un groupe à risque identifié qui n’ont pas fait une démarche volontaire de dépistage, n’ont pas été en contact avec le système de soins ou n’ont pas été dépistées lors de ce contact ;
— Des personnes à faible risque "apparent".

> Dépistage de l’infection par le VIH en France, 2003-2009 (pdf, 504Ko)
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Vol. 2010, n° 45-46, 30 novembre 2010. - Pp. 451-454.



> Le recours tardif aux soins des personnes séropositives pour le VIH : modalités d’accès et contextes socio-culturels (pdf, 264Ko) / ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales, France ; InVS (Institut de veille sanitaire), France. - Saint-Maurice : InVS, janvier 2006. - ISBN 978-2-11-095757-3. - 36 p.


Face au double constat d’un recours trop souvent tardif au dépistage et d’un bénéfice, tant individuel que collectif, d’un diagnostic précoce, le CNS (Conseil national du sida) en 2006 et la HAS en 2009 ont émis des recommandations sur la stratégie de dépistage modifiant l’approche élaborée en 1985, dans un contexte très différent.
Cette nouvelle stratégie se fonde sur une proposition large du dépistage du VIH en population générale, indépendamment de la notion de prise de risque, et sur un dépistage ciblé et régulier pour certaines populations, comme les partenaires de PvVIH ou les HSH (Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) ou dans certaines circonstances, diagnostic de tuberculose ou projet de grossesse par exemple. L’utilisation des tests rapides et une offre de proximité sont aussi préconisées. Cette proposition s’accompagne d’une étude de l’InVS montrant que cette généralisation de l’offre de dépistage est coût-efficace.

> Rapport sur l’évolution du dispositif de dépistage de l’infection par le VIH en France (pdf, 299Ko) / CNS (Conseil national du sida), France. - 16 novembre 2006. - 23 p.


> Dépistage de l’infection par le VIH en France, stratégies et dispositif de dépistage : synthèse et recommandations (pdf, 338Ko) / HAS (Haute autorité de santé), France . - Octobre 2009. - 41 p.

> Les enjeux économiques du dépistage (pdf, 59Ko) / Y. Yazdanpanah. - TranscriptaseS, n° 145, hiver 2010-2011. - Pp. 23-25.


Objectifs, mesures et actions
Le Plan national a pour objectif d’améliorer le dépistage précoce du VIH et des IST et de réduire ainsi le retard à la prise en charge. Il s’appuie sur trois offres de dépistage complémentaires , déclinées en six mesures.
— Le dépistage dans le système de soins, par les professionnels de santé des premiers secours : s’adressant à l’ensemble de la population, ce dépistage est proposé par le médecin à l’occasion d’un recours aux soins.
— Le dépistage par les pairs pour les populations à forte incidence : cette modalité de dépistage, de type communautaire, vise à répondre aux besoins des population qui ne veulent ou ne peuvent pas utiliser le dispositif "classique". Elle s’adresse en premier lieu aux HSH.
— Le dépistage anonyme et gratuit : le dispositif CDAG/CIDDIST doit être réorganisé de façon à prendre en charge de manière globale et unifiée le dépistage du VIH et des IST et à y intégrer une offre plus large autour de la santé sexuelle.

Cette stratégie se traduit de façon concrète en fiches actions qui, soit relèvent directement de l’axe dépistage du Plan national, soit sont intégrées aux programmes populationnels qui s’adressent à des groupes spécifiques.



> Axe 2 : dépistage [axe stratégique + fiches actions]
In : Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014 (pdf, 836Ko) / Ministère de la santé et des sports, France. - Novembre 2010. - Pp. 35-46 et 168-173.



A propos du dépistage, voir aussi
> Le dépistage du VIH : séroconversion et marqueurs viraux
> Le dépistage du VIH : en pratique
> Le dépistage du VIH : les tests rapides
> Le dépistage du VIH : attitudes face au test


lundi 4 février 2013

D’autres informations sur le VIH/Sida et les IST dans la foire aux questions


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